Poser ses limites et être empathique (#3 lettre entre nous même)

Poser ses limites & être empathique

Coucou mes noisettes, je vous retrouve aujourd’hui avec une nouvelle “lettre entre nous-même”, billet dans lequel nous abordons des sujets de développement personnel, on creuse entre-nous même ce qu’il faut déterrer pour s’épanouir. Le thème du jour sera les limites. Pourquoi est-il si important de poser ses limites ? Comment apprendre à poser ses limites ? Pourquoi dire “non” peut être salutaire ? Pourquoi poser ses limites ne doit pas être culpabilisant…

J’ai l’impression que quand je suis avec quelqu’un je ressens toutes ses blessures, toutes ses douleurs

Cette sensibilité est loin d’être une sensiblerie. Toutefois, sentir les douleurs de l’autre, éprouver de la compassion, ne nous oblige en aucun cas à prendre une part de ce malheur plus qu’il ne le faudrait. Je crois profondément que l’homme est de nature, un être empathique, autrement dit qu’il peut écouter autrui et entendre sa souffrance, lui montrer son attention. Pour autant, je ne crois pas que nous devons tomber dans la sympathie émotionnelle, nous ne devons pas prendre pour nous la douleur de l’autre, comme si elle était la nôtre, agir ainsi ne guérit personne.

Pourquoi poser ses limites ne fait pas de nous des personnes méchantes ? 

En effet, bien souvent on ne pose pas ses limites par peur de blesser autrui, par peur d’être vu par autrui ou soi-même comme une méchante personne. Pourtant tout n’est pas aussi simple, le monde n’est pas une dualité bien et mal, il existe beaucoup de nuances de gris que nous devons appréhender. Dés lors, il est injuste de nous définir entièrement en gentil ou en méchant, seulement parce qu’on a appris à dire “oui” ou “non”. Il faut comprendre que le fait de poser ses limites relève d’un apprentissage, c’est le fruit de nos expériences de vie.

Me considérez-vous comme une personne méchante ? Je pose pourtant très régulièrement mes limites et avec tout le monde : de mon chéri, à mes amies, en passant par ma famille ou encore des inconnus dans la rue. Je fais ça parce que poser correctement mes limites me permet de protéger mon épanouissement et si je ne le fais pas, qui pourrait le faire à ma place ? Je crois que c’est de ma responsabilité de me “garder” heureuse.

Je suis une personne naturellement positive et joyeuse, pour autant cette positivité me demande aussi un certain travail, je dois l’entretenir tous les jours. C’est comme si j’avais un jardin fleurie et verdoyant. Je comprends complètement que si ton terrain est en friche et que tu es affamé, que tu aies besoin de répit et viennes te nourrir chez moi. Je suis aussi ok pour entretenir un jardin partagé dans lequel chacun viendrait piocher ce qu’il n’a pu trouver chez lui. Mais je ne peux pas accepter qu’on me pille constamment mon jardin et qu’on ne me laisse plus rien, je ne peux pas accepter de ne plus pouvoir profiter de ce que j’ai mis du temps à cultiver. Ce n’est pas par manque d’empathie ou de bienveillance. Cet état d’esprit, c’est uniquement un instinct de survie.

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Pourquoi on développe des stratagèmes d’évitement pour éviter de dire “non” ? 

Nos comportements face au “non” sont souvent dictés par la peur, peur qui découle de l’expérience propre à chacun. Chacun aura donc sa peur du “non”. Par exemple, il est possible d’avoir peur de l’autorité, du conflit, de perdre un proche comme de perdre un client ou un contrat. Face à cette peur, nous mettons progressivement en place un certains nombre de stratagèmes, comme pour effacer les conséquences de notre nous, nous nous effaçons nous même. Nait alors une ambiguïté entre notre posture et notre pensée. Lorsque nous disons un “peut-être”, “je ne sais pas encore”, “pourquoi pas”, alors même que nous souhaitons dire non, alors nous créons une ambiguïté qui favorise les relations dépourvues de vérité. Finalement, nous utilisons ces termes car ils ont pour vocation à nous préserver en apparence, à diminuer chez nous le sentiment de culpabilité, de frustration et qu’ils nous évitent de prendre position clairement, de nous engager sincèrement.
La question qui se pose donc dans un second temps est : Pouvons nous construire des relations durables et sincères si nous refusons de poser nos limites ?

Quel est l’enjeu ou qui est en”je” lorsqu’on pose ses limites ?

En effet, il est bien plus facile de se limiter soi même que de limiter autrui. Ainsi très souvent, nos pensées à notre égard sont limitantes : “je suis nulle”, “je n’y arriverai pas”. Pour autant, poser ses limites à autrui est une opération plus délicate. Ce qui m’amène à me demander quel est l’enjeu ou que révèle cette difficulté sur le “je” justement ?

A vouloir éviter le conflit à tout prix, à tout faire pour être apprécié ou dit même plus clairement tout mettre en place pour être aimé, le risque est grand de s’oublier dans le désir de l’autre. A ce jeu de duperie, on ne trompe que nous même, nous ne savons plus exactement qui nous sommes, ni ce que nous voulions et voulons vraiment in fine. Cela nous empêche à terme de trouver notre vraie place parmi les autres.

Et pourtant, le bénéfice à savoir dire non avec bienveillance est important, sinon primordial à l’épanouissement, c’est savoir poser ses limites. Accepter de considérer que nous pouvons dire “non” et que nous le devons, c’est s’accorder de la valeur et s’écouter. Il s’agit de réellement prendre en considération son interlocuteur en prenant l’opportunité de dire un grand “oui” à la prochaine occasion. En effet, quelle est la valeur d’un oui si il est acquis à toute cause ? Savoir poser ses limites, c’est choisir sa liberté, celle d’avoir des relations authentiques avec soi-même comme autrui en respectant son désir profond. Un acte courageux qui s’apprend car il s’agira aussi de savoir accepter de recevoir un non avec tout autant de sérénité.

Comprendre que poser ses limites n’est pas un manque d’empathie, dire “non” avec bienveillance s’apprend !

Brené Brown (chercheuse en sciences humaines et sociales à l’Université de Houston), qui a étudié la vulnérabilité et interviewé des milliers de personnes pendant plus de 6 ans, a noté dans ces études que les personnes les plus empathiques ne sont pas en réalité celles qui disent oui à tout ou qui sont les plus serviables. En fait, les personnes les plus empathiques sont celles qui ont su poser des limites. Elles sont plus empathiques car elles ont compris qu’il n’est pas possible d’être empathique avec autrui si l’on ne l’est pas déjà avec soi même. L’auteur ajoute même que plus les limites de l’individu sont clairement identifiées et identifiables, plus la relation d’empathie se développe. Un espace de communication et d’écoute sincère et stable se mettant en place : des connexions humaines authentiques. En acceptant de dire “non”, ils avaient abandonné “ce que l’autre souhaitait” (ou ce que la société attend) pour être ce qu’ils sont vraiment, c’est dans cette cohérence qu’existe une réelle empathie.

Ainsi, contrairement aux idées reçues, l’empathie augmente non pas en cédant plus aux autres ou en étant plus disponible, mais bel et bien en posant de véritables limites. Poser des limites prend alors une toute autre dimension : apprendre à dire non, c’est apprendre à dire “je t’entends, je t’écoute, je me respecte, je te respecte. Notre échange est sincère.”

L’empathie ou la sympathie ? Apprendre à poser ses limites avec justesse

Une des définitions les plus couramment utilisées pour l’empathie est “la capacité à se mettre à la place de l’autre”. Mais on oublie toujours la fin de cette phrase : “… sans oublier qui on est !”. En effet, comme le dit Evan Thompson (professeur de philosophie à l’Université de la Colombie-Britannique) : l’empathie c’est d’abord la capacité d’expérimenter et de comprendre ce que ressentent les autres mais aussi et c’est primordial arriver à maintenir un discernement clair au sujet de nos propres sentiments et de ceux de l’autre personne.”

L’empathie c’est donc notre capacité à rentrer dans le cadre de référence d’autrui en lui montrant notre intérêt, en l’écoutant, en le questionnant, mais sans pour autant adopter, épouser ce cadre de référence. En ce sens, pour apporter mon aide efficacement à la personne que je rencontre, je dois parfois lui montrer ma distance, mon altérité, ma différence pour qu’elle comprenne qu’il existe d’autres réalités que la sienne, et donc d’autres options pour changer sa réalité de référence.

A contrario, la sympathie va parfois jusqu’à la confusion de nos deux cadres de référence. La souffrance d’autrui devient mienne. “Je pleure avec toi qui a mal, comme si j’éprouvais la même souffrance que toi”. Cette position, qui peut être adoptée parfois avec un ami ou un proche ne doit pas devenir la règle, mais rester une exception. Car elle n’apaise pas l’autre, elle ne l’aide pas à sortir de sa souffrance, pour autant elle en crée en nous une nouvelle ! Il est donc plus sain d’adopter dans ses relations une attitude empathique avec de l’écoute, sans intervertir les rôles et les responsabilités de chacun sur son propre bonheur.

Oui apprendre à poser ses limites c’est dur et ça peut blesser parfois.

Savoir poser ses limites est important car cela pose les fondements de notre propre bien-être, mais cela envoie aussi un signal fort à autrui pour qu’il sache jusqu’où il peut aller. Même si (et c’est une autre histoire dont nous reparlerons sans doute) nous ne sommes pas à égalité entre les genres sur notre prise de parole et notre prise en compte du non. Il faut toujours garder en tête qu’exprimer ce qui est ok, et ce qui ne l’est pas, est nécessaire !

Certes nous devons dire non avec bienveillance, c’est à dire avant d’atteindre le point de non-retour, avant de craquer complètement, avant que nos limites aient été dépassées. Et donc que toute réaction de notre part passerait pour de l’impulsivité, de la colère (et oui, l’autre ne comprend pas pourquoi tu satures d’un coup Georgette si ça fait des mois que tu dis “oui”). Ça s’apprend et ça s’automatisera avec le temps.

Pour autant, poser ses limites avec bienveillance, ne doit pas transformer le “non” ou lui faire perdre de sa force. Un Non c’est un non, ce n’est pas une négociation, il ne faut donc pas s’enfermer dans une “bienveillance” excessive qui reviendrait à vous excuser. S’excuser dans ce cas serait le signe d’une culpabilité trop présente, il est alors fréquent d’observer que les autres se servent de cette culpabilité. Finalement, on ne peut pas leur reprocher de s’en servir, ils font avec ce qu’on leur offre, ce n’est pas de leur faute, mais c’est à nous d’ajuster, de trouver notre juste milieu : une bienveillance ferme et décidée où notre posture s’aligne avec notre pensée.

Croyez moi lorsqu’on est aligné et que l’on sait ce qui est acceptable pour nous, et ce qui ne l’est pas, les autres ne jouent plus avec vos limites. Ils voient en vous ce qu’ils ne doivent pas dépasser si ils veulent vous respecter. Et si ils ne vous respectent pas, ils savent bien qu’ils vous perdront.

Voilà mes noisette, j’espère que cet article vous aura été utile et apporté quelques pistes de réflexions pour travailler un peu cette difficulté. Avant de vous laisser je voulais juste vous préciser que c’est ok si après avoir posé vos limites vous vous sentez pas terrible. Mais n’oubliez pas que vous méritez d’être entendue et respectée, que si vous avez dit “non” c’est parce que cela était nécessaire. Et n’oubliez pas, vous énerver, hurler, ne sert à rien, même si vous avez le plus bourrin ou la personne la plus opaque de la terre en face de vous. En face de vous, vous n’avez qu’un autre être humain avec ses propres failles et il fait sûrement ce qu’il peut avec ça… C’est là que vous vivrez la différence entre l’empathie et la sympathie émotionnelle.

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5 petits mots pour “Poser ses limites et être empathique (#3 lettre entre nous même)

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    Répondre sarah 22 juin 2020 at 7 h 59 min

    Ton article est vraiment intéressant, il s’y dégage une réelle authenticité et de bienveillance tout au long de sa lecture,sans faux semblants.
    Au plaisir de te lire!belle journée à toi.
    Sarah

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    Répondre Cathie 3 juin 2020 at 9 h 52 min

    Salut. Merci pour cet article. Je suis très empathique. Cela a ses bons côtés, car je suis en mesure d’aider et de comprendre mes proches. Malheureusement, ça impacte aussi trop souvent mon humeur. C’est assez compliqué comme situation.

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    Répondre Sandrine 26 mai 2020 at 7 h 31 min

    Merci lucille encore un très bon article qui va m’en permettre d’avancer ! J’adore ta philosophie de vie et ton blog et ton compte égayent mes journées et m’apprennent beaucoup

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    Répondre Anne-Sophie 25 mai 2020 at 19 h 56 min

    Merci pour ce bel article, que j’ai beaucoup apprécié !

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