Comment trouver sa voie _

Témoignage : Reconversion professionnelle ou comment trouver sa voie ?

Coucou mes noisettes, je vous retrouve aujourd’hui avec un nouvel article qui m’a été largement demandé sur les réseaux sociaux. Je vais donc vous expliquer les raisons et mon parcours jusqu’à cette reconversion professionnelle.

Le parcours scolaire : choix, réorientation, échec et problèmes

Le primaire : processus d’uniformisation

“Retour en France, j’ai du mal à comprendre comment fonctionne l’école ici. On a plus le droit de faire ce qu’on veut dans la classe, d’aller jouer ou de lire ou dessiner, je n’ai plus le droit de parler que quand on m’interroge.”

Voilà comment j’ai vécu mon primaire. J’ai eu la chance d’être dans une petite école de village ce qui m’a préservé, toutefois mes bulletins étaient remplis de “Lucile a la tête dans la lune, elle n’est pas concentrée”, “bavardages”, “il faut arrêter de regarder par la fenêtre et regarder vers la maîtresse”. Pourtant, je me souviens que je ne manquais ni d’idées, ni d’imagination : je m’inventais peintre pour les droits de l’enfant, vendeuse de crème enrichie aux savons des toilettes de filles ou j’animais en recrutant les moyennes sections “qui m’aime me suive” des semaines vertes pour sauver la planète et ramasser les déchets de la cour.

J’avais 7, 9, 10 ans et finalement, est-ce que j’étais si différente de celle que je suis maintenant ? Les sujets qui me passionnent aujourd’hui sont les mêmes qu’à l’époque : cosmétique fait maison, protection de l’environnement, lutte pour le respect des droits de l’homme.
Comment ai-je pu alors me perdre pendant des années ? Pourquoi je n’ai pas écouté mon enfant intérieur, pourquoi je l’ai enfermé pour qu’il soit bien sage et écoute ce qu’on lui dit, sans bavarder et sans rêver ?

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Le collège : développement rationnel

Arrivée en 6ème, j’étais formatée, sans soucis, je ne dépasserai plus le cadre. Je tracerai ma vie sans prise de risque, en faisant des choix raisonnables. À 12 ans, je me projetais dans un métier où je gagnerais bien ma vie et qui serait synonyme de “réussite”. Il est temps de construire son avenir, mais attention, sans se tromper. Chaque choix d’option est une pression sur “l’avenir”. Pour ne pas prendre le moindre risque, j’avais mis en place une stratégie : la boulimie d’options : latin, grec, théâtre, botanique et sport à gogo.

Pour ceux qui n’auront pas eu ma “chance” d’entrée dans le moule, pas de chance, vous êtes les originaux de la république, vous avez sûrement galéré à trouver votre “voie”, à défaut de faire entendre votre “voix” dissonante dans les couloirs du collège. Du rebelle au timide, qui ne se fait pas remarquer, il y en a pour tous les profils, la broyeuse est efficace, elle moule.

Mais le chemin reste le même et il ne nous amène que très rarement vers l’épanouissement. Ce serait plutôt plus vers la “sécurité financière” d’un parcours qu’on a même pas choisi.

Le lycée : Choisir l’inexistence

On peut pas dire que c’est ma période préférée… Dans un Lycée européen en double bac franco-allemand, il ne me restait des plaisirs et passions d’enfance que les langues étrangères. Mais ai-je besoin d’en parler ? Je pense que vous vous doutez de ce que je vais dire sur l’enseignement archaïque des langues étrangères en France. J’avais des listes de vocabulaires, verbes irréguliers et tableaux de déclinaisons à apprendre par coeur. Dégoût. Dépression. J’ai commencé par m’ennuyer quotidiennement au lycée. Aucun cours ne stimulait mon attention. C’était pas particulièrement difficile pour moi au contraire. Prendre une feuille, gratter le cours pendant une heure, sonnerie, noter les devoirs, je m’en sortais passablement. La lumière s’éteignait à mesure que je me retrouvais confrontée à la fameuse question : “tu vas faire quoi de ta vie ?” “après le bac je veux dire ?”

Ah, l’orientation post bac. Tu as 17 ans et on te demande de choisir ce que tu veux faire comme études. Ça conditionne le reste de ta vie. Il faut pas se tromper, sinon tu le regretteras à 50 ans…

Ce qu’on oublie de te dire, c’est que tu n’es pas prêt à faire ce choix. Qu’il te faudra forcément du temps, que tu vas sûrement te tromper et que ce n’est pas grave. Tu ne choisis pas ce que tu vas faire dans ta vie pour toujours, seulement ce que tu aimes sur l’instant. Si on te disait ça, je pense que déjà on aurait un peu plus de chance de se diriger au moins vers un secteur qui nous ressemble… Parce que finalement c’est ça qui compte non ? Trouver un métier qui nous ressemble et pas ressembler à un métier !

Les études supérieures : Broyeuse d’inconnu

Ah tu croyais que la Fac ce serait sympa ? Que tu te ferais plein d’amis pour la vie ? Non ça c’est dans les films, en France, à la faculté, t’es personne. Tu n’as même pas un prénom comme dans le reste de ta scolarité, t’es un numéro sur une copie. Moi j’ai choisis le droit, c’est très porteur quand on est à la recherche d’une certaine reconnaissance. Ça fonctionne bien aussi pour la petite voix rationnelle qui a poussé en toi, ça la rassure bien ! Alors on est parti, vaille que vaille, vers ces études qui m’ont épuisée moralement et physiquement. Puis le droit, ça débouche sur tout à ce qu’ils disaient, alors en bonne boulimique d’options, j’ai choisi ce “non choix”, cette porte qui m’assurait d’en ouvrir d’autres. Pourtant, si vous deviez choisir un trajet vers une destination, ce serait ridicule de choisir un chemin affreux et gris avec beaucoup d’intersections alors que vous avez la possibilité de choisir un chemin ensoleillé qui vous ferait profiter de la balade… C’est un choix de raison plutôt que de coeur qui est trop souvent opéré et regretté.

Fraîchement diplômée et perdue, voilà mon statut à 23 ans.

Et après les études, je fais quoi de ma vie ?

Finalement, le système est prévu sans retour en arrière possible. Après les études secondaires, bien qu’il y ait eu des tentatives de passerelles entre filières, en réalité, c’est trop compliqué. Comment réussir à se poser les bonnes questions à 20 ans pour se connaître et se (re)trouver quand on doit trop souvent jongler entre les petits boulots alimentaires ? La preuve 60% des étudiants à l’université sont en échec scolaire ! On parle souvent de ne pas savoir lire à 10 ans, mais qu’en est-il de tous ces jeunes adultes sans perspectives ? Eux ne creusent pas les chiffres du chômage, ils sont invisibilisés par le système.

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Première tentative :  Réorientation pour devenir maîtresse d’école ! 

Après mon cursus en droit et ces études toutes tracées vers un métier qui m’éteignait peu à peu. Première remise en question. De longues heures d’hésitation, de projections, de questionnement. Devenir une maîtresse. Fini les longues heures à ne pas voir le sens derrière ce que je faisais, désormais mon métier serait d’utilité publique ! Malheureusement, toutes ces années à travailler sur des codes juridiques et des contrats ne m’étaient plus utiles devant ces petits bouts. Surdiplômée et pas dans la bonne filière, il fallait repartir à zéro. Ainsi, j’ai réintégrée une licence 3 sciences humaines (où j’ai vraiment appris pleins de choses en psychologie et sociologie), puis le Master métiers de la formation pour passer le concours du CRPE. Et voilà comment je suis devenue enseignante remplaçante en réseaux d’éducation prioritaire renforcé, ce qu’on appelle vulgairement les quartiers difficiles. Pourquoi ces quartiers ? Aucune idée, je sais juste que je préfère tout là bas : la solidarité entre les collègues, la dimension du métier qu’on avait, le rapport avec les familles. Tout prenait une dimension plus significative, quand j’arrivais avec ma malette de remplaçante  “Bonjour les enfants, je m’appelle Lucile, je suis votre maîtresse pour les prochains jours/semaines”. C’était sensé, c’était ma place.

Malheureusement, lorsque j’ai choisi l’éducation, je croyais fermement que ça participerait à changer le monde. Que je pourrais agir pour changer ce système de broyeuse que j’avais connu dans les année 90 en proposant une autre éducation, bienveillante qui respecte les talents de chacun et les encourage, autant avec la grammaire ou les mathématiques. J’ai rencontré une jeune génération de profs motivés mais prise à la gorge par les changements ministériels, les promesses politiques de budget non suivies, les grandes annonces populaires pour plaire à chaque rentrée des classes avortées à peine halloween passé.

Toujours les mêmes querelles : Lecture syllabique ou mixte ? Quand cette question n’existe plus depuis des années. Ça occupe et ça évite de voir les vrais problèmes. Que dans les classes aujourd’hui, on avait plus de photocopies à la rentrée, que le gymnase était fermé car insalubre et que 3 élèves dormaient dehors tous les soirs. Désolée monsieur le ministre, mais je ne sais pas comment apprendre aux élèves à faire des divisions euclidiennes dans 6 langues différentes dès le CP.

Sincèrement, je ne vais pas vous mentir, c’était passionnant mais c’était épuisant. J’avais des vacances heureusement, car j’y arrivais exténuée. Quand tu as 35 vies sous ta responsabilité qui comptent sur toi pour bien grandir et qu’en même temps ils sont capables de jouer à “qui est cap d’aspirer des piles de montre dans le nez ?” t’as pas le temps de chaumer ^^!

J’ai validé mon mémoire de fin d’études en littérature de jeunesse sur le thème “Aborder les sujets tabous avec les élèves“. J’ai eu les félicitations du jury et on m’a proposé de réaliser une thèse pour continuer ce travail de recherche, devenir enseignante chercheuse en parallèle de maîtresse. Je vous ferais un article sur cela car je crois vraiment qu’il est important de sensibiliser tout le monde sur la libération de la parole des enfants et qu’il existe beaucoup de jolis ouvrages de littérature qui aident à cela. Mais bien que ce soit une jolie perspective, j’ai décidé de retenir les leçons de mon passé. Je ne voulais pas attendre d’être écoeurée par le système pour le quitter. J’ai donc fait le choix de tourner cette page. J’ai vécu des années magiques ! Avec des rencontres cosmopolites, des discussions autour de sujets comme notre planète, en larmes de joie et d’impuissance, en rires avec des jeux comme un escape game dans la classe et en parties de foot avec la maîtresse (“truc de ouf la maîtresse elle a fait un dab, maîtresse tu connais Pogba ?”). C’est un pan de ma vie, qui a formé celle que je suis aujourd’hui. Je ne regretterai jamais ce choix. Mais j’ai aussi senti qu’il était temps pour moi d’aller vers de nouveaux horizons. Je ne veux plus seulement être utile dans ce monde. Désormais, je veux aussi être entièrement épanouie. J’estime que j’y ai le droit.

Et maintenant : je suis free-lance 

Pendant toutes ces années d’enseignement, j’ai mis le blog et mes activités de free-lance de côté. Vous le savez sûrement, j’étais parfois absente pendant des mois. J’ai de la chance que vous ayez été si patientes et que vous m’ayez toujours attendu. Aussi, il faut savoir que le statut de fonctionnaire ne permet pas de cumuler longtemps une activité publique : celle d’enseignante, avec une activité privée : celle d’entrepreneuse. De même, la liberté d’aborder certains sujets sur internet peut être aussi limitée par le statut de fonctionnaire. On représente l’État, donc on doit respecter une certaine neutralité imposée par la fonction. Par rapport à mes convictions, mon mode de vie, mon activité de free-lance, il y a donc eu un moment où la question s’est posée : je devais faire un choix. J’ai donc décidé de devenir entrepreneuse à temps plein.

Pourquoi devenir entrepreneuse à temps plein ? 

Mon constat a été le suivant : pourquoi s’enfermer dans un domaine quand on a la chance d’avoir des centres d’intérêts variés ? Car il me semble que nos différences, nos potentiels variées et nos expériences sont une réelle chance ! J’ai décidé d’arrêter de rogner sur mes différentes aspirations, de me trouver des excuses, “et si” “mais je” pour faire ce qui me plait vraiment. Désormais, je suis animée par l’envie de cultiver mes passions et de les suivre pour construire moi même le métier de ma vie, le façonner à moi plutôt que d’essayer de rentrer dans un moule. Et puis si jamais je dois changer 4 fois de chemin, peu m’importe, tant qu’il est agréable et me rend heureuse !

Je suis convaincue d’une chose, dans le monde de demain, avoir plusieurs chemins, plusieurs métiers, n’est pas réservé aux atypiques. Je rencontre tous les jours des ingénieurs qui sont devenus producteurs de légumes, des juristes qui sont devenues comédiennes, des agents de maintenance informatique qui sont devenus enseignants. Finalement, je crois qu’aujourd’hui il est important de ne plus enfermer les enfants, les jeunes adultes et mêmes les moins jeunes dans une voie unique : ce mirage d’une voie royale de la réussite. Au contraire, il est grand temps d’apprendre à cultiver nos talents. Tout est toujours une question de perspective et de regard. Se dire que ceux qui sont capables d’aller d’une activité à une autre ne sont pas des marginaux mais des être multipotentialistes qui cultivent leurs différences.

Je disais tout le temps à mes élèves :

Est-ce que tu es un pot de yaourt ? Bon et bien alors, si tu as envie d’avoir plusieurs goûts, plusieurs talents, tu as le droit. Tu n’es pas qu’un pot, tu es un multipot’, tu es multipotent.

L’essentiel reste de trouver au plus profond de nous-même ce qui nous fait vibrer, ce qui nous définit, ce qui nous rends heureux. Nous ne sommes pas nés pour travailler à gagner de l’argent pour consommer, nous sommes né pour grandir et nous épanouir.

Ne fais pas les tests sur internet !

C’est pas bon ce genre de chose, ça va pas t’aider ! Au contraire, je te conseillerai plutôt de chercher ce qui te passionne et faire ta singularité. Pour cela, rien de tel que de prendre du temps qualitatif pour te retrouver, t’aérer l’esprit. Fais tout ce que tu aimes faire (ou aimais faire) et que tu avais mis de côté. Sans réfléchir nécessairement aux débouchés ou aux métiers. Fais juste ce qui te plait vraiment. Tu finiras par trouver ta voie.

Cherche ce qui fait vibrer ton enfant intérieur !

En fait, il faut bien comprendre que cette envie de bifurquer est sûrement logique. Ton chemin ne correspond sûrement pas aux aspirations profondes de ton être. Essaye de te souvenir… Qu’est-ce que tu aimais par dessus tout en étant enfant ? Quel était ton occupation préférée ?

Par exemple, si tu as toujours aimé “aider” les autres, si spontanément, quand tu étais petit, c’était ce que tu faisais tout naturellement, il n’est pas du tout surprenant qu’aujourd’hui tu souffres de ce métier qui ne répond pas à ton besoin. Si au contraire tu aimes “créer” et que tu passes ta journée à faire des tâches répétitives, c’est normal que tu te sentes étouffé !

Quelle est ton aspiration profonde ?

  • Aider
  • Créer
  • Transmettre
  • Découvrir
  • Inventer
  • Analyser

Lorsque tu as trouvé cette aspiration, très naturellement, tu trouveras ta vocation en affinant plus en détail la manière de la réaliser pour te réaliser. A ce moment là, tu n’auras certainement plus envie de te limiter à une activité unique pour ta vie entière. Ce qui t’épanouira certainement, ce sera de concrétiser pleinement cette aspiration en utilisant tous tes talents et toutes tes facettes de personnalité.

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Ne te limite pas aux diplômes ! Tu n’es pas qu’un bout de papier !

Et si tu pensais plutôt en terme de compétences et d’expertise ? Tu n’as pas appris à faire les choses qui te sont essentielles suite à un diplôme. Tu as acquis tout cela avec ton expérience, avec tes essais, tes échecs et tes réussites. Tu as appris à marcher, danser, manger, respirer, compter, lire, diviser. Le diplôme n’est pas une nécessité absolu. La réelle question est : Est-ce que tu as les compétences pour faire cette activité maintenant ? Sinon, que peux-tu mettre en oeuvre pour les acquérir ? Peut-être que, comme moi quand j’ai voulu devenir maîtresse, tu reprendras une formation pendant quelque temps, ce n’est pas à exclure. Il existe de très jolies reconversions qui débutent par de nouvelles formations. Mais dans ce cas là, ta réussite sera conditionnée par le fait que tu ne le feras pas pour le diplôme mais pour apprendre et te former, acquérir ton expertise.

Peut-être que tu as déjà une belle expertise sur le terrain pour aller vers cette nouvelle orientation. Par exemple, moi, je n’ai pas de diplôme en communication, en développement web ou encore en journalisme. Pourtant, je tiens ce site et mes réseaux sociaux toute seule depuis des années.

Ton expérience est ce qui vaut le plus cher. Tu n’es pas qu’un bout de papier ! Si tu es autodidacte dans un domaine, c’est une belle illustration de ta détermination, ta curiosité et ton talent.

Prendre en compte son mode de vie 

Veux-tu des horaires fixes ou irréguliers ? Veux-tu rester au même endroit ou bouger ? Veux-tu travailler en extérieur ? Seul ou à plusieurs ?

Il faut bien prendre en compte lors d’une reconversion professionnelle que ton mode de vie peut changer en bien, comme en moins bien. Ainsi, j’ai tout à fait conscience en tant qu’indépendante que mes sources de revenu peuvent être variables dans le temps, avec des périodes de surcharge et des périodes de creux, contrairement à mon métier d’enseignante. (Je pourrais vous parler plus en détail des logiciels que j’utilise pour ma comptabilité et de cette organisation lorsqu’on est free-lance et du statut juridique. Si cela vous intéresse dîtes-le moi en commentaire.)

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Être auto-entrepreneur : des avantages et des inconvénients 

Les avantages

  • Flexibilité sur les horaires
  • Indépendance : Il n’y a pas de rapport de hiérarchie avec ses clients
  • L’organisation du travail est libre
  • L’organisation du temps est libre (Est-ce que tu travaillerais aussi le week-end ? Est-ce que tu ne travaillerais que les matins tous les jours pour disposer de tes après-midi ?)
  • L’espace de travail est flexible (travailler de chez soi, travailler de l’étranger, dans un café, avec la musique à fond)
  • Liberté de fixer ses tarifs 

Les inconvénients

  • S’avoir se poser des limites et respecter ses besoins (sommeil, fatigue, vacances)
  • Gérer financièrement ses charges et ses besoins
  • Gérer la solitude, certaine journée, par exemple, si on est amené à travailler de chez soi. On peut vite se sentir seul.
  • Être organisé pour satisfaire ses clients,
  • Savoir trouver la motivation seul, passée l’émulation du début
  • Trouver son rythme de travail 
  • Être capable de prospecter des clients
  • Réussir à équilibrer vie privée et vie professionnelle 
  • Une certaine insécurité financière surtout au début
  • La comptabilité et les démarches administratives 
  • Pas de congés payés, de retraite donc il faut économiser tous les mois

Mais on apprend !

  • On est très polyvalent
  • On apprend à se vendre sans se dénigrer, sans avoir le syndrome de l’imposteur et en ayant confiance en soi et ses capacités.
  • On apprend à être son propre patron : faire des démarches administratives, déclarer ses revenus, choisir son statut…
  • On collabore avec d’autres free-lance pour échanger sur nos problèmes, nos démarches…
  • On tente, on rate parfois mais surtout on se relève et lorsqu’on réussit, on ressent une vrai fierté
  • On apprend à demander de l’aide sur les groupes facebook de free-lance, en contactant l’URSAFF, un huissier ou un avocat…Il y a toujours quelqu’un qui pourra répondre à vos questions !

faire une liste de ses qualités et défauts !

Je vous conseille de lister vos point forts comme vos faiblesses, afin d’avoir conscience de ce qui peut vous poser plus de problèmes et prévoir une solution. De la même manière, chacun des avantages et inconvénients peuvent facilement se nuancer en fonction de votre vie et de votre personnalité. A titre personnelle, je suis très organisée mais j’ai a contrario des difficultés à respecter parfois mes besoins, surtout si quelque chose me passionne. Je vais être tentée de me lancer corps et âme dans cette tâche sans forcément penser à mes limites. Ça peut-être paradoxale pour d’autres personnes, mais moi je m’oblige à prendre des pauses dans la journée et à me déconnecter des réseaux sociaux quand je le peux.

Tu n’as qu’une vie… Ne la rêve pas, vis la ! 

Je n’aurais donc qu’un conseil : écoute toi, ne t’oublie pas dans l’équation de ta vie !

N’oublie pas, prends le temps de te tromper, tu as le droit. Mais ne triche pas et ne te mens pas à toi même. Surtout, ne crois pas que certains chemins valent mieux que d’autres, juste parce qu’ils sont tout tracé à l’école. Il y a tant de domaines qui ne sont pas abordés à l’école mais qui peuvent être ta voie : la couture, le bricolage, la cuisine… Toi et moi savons que le système éducatif ne te propose qu’un choix très restreint de l’éventail de possibilités qui s’offrent à toi. Maintenant que tu as la maturité et le recul sur tout cela, prends ton temps. Rien ne sert d’en vouloir au système. L’école n’a pas la capacité de lire en toi ce qui est bon pour toi, mais toi tu l’as. Tu es donc légitime à savoir ce qui est vraiment bon pour toi. Alors bien sûr, si tu traces toi même ton chemin c’est plus long, plus difficile. Mais pour autant, est-ce à toi de plier tes envies pour qu’elle rentre dans des cases ? C’est à toi d’utiliser ce que la société t’offre pour réaliser ton rêve, sans en vouloir à personne, juste en ayant le courage de faire fleurir tes potentiels. Normalement l’école est sensée avoir fait pousser des petites graines en toi. Si elle ne l’a pas fait, alors ce n’est pas pour autant que tu es un terrain vierge sur lequel rien de pousse, n’est ce pas ? Alors crois en toi, plantes ta graine et regarde ce qui germe. Observe. Écoute. Et tu sauras si c’est juste une passion ou le métier de tes rêves

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Mes nouvelles activités

Voilà un exemple de semaine que je vis maintenant…

Lundi : Je suis blogueuse professionnelle et je vous écris des articles

Mardi : Je gère les réseaux sociaux pour des jolies marques éthiques, je crée des shooting photos de leurs produits pour les mettre en valeur. Je leur fabrique des tuto, des recettes, de l’inspiration.

Mercredi : Je suis gribouillatrice et réalise des dessins et illustrations qu’on m’a commandé pour des albums jeunesse, des couvertures de livre, pour un logo ou un faire part de mariage.

Jeudi : Je suis blogueuse professionnelle et je réponds à vos commentaires, je fais des photos, des recettes de cuisine, des recherches pour maîtriser un sujet sur lequel je souhaite écrire. Je donne de mon temps et de mon image à un projet associatif pour le mettre en lumière.

Vendredi : J’accompagne une jeune entreprise pour l’aider à réaliser son site internet et réfléchir à sa stratégie sur les réseaux sociaux.

 

Finalement, aujourd’hui, quand on me demande “et toi tu fais quoi dans la vie ?” je réponds “moi, dans la vie je fais ce qui me rend heureuse”

Je peux pas me ranger dans une case ou un métier. Ce que je veux, c’est occuper mon temps à faire ce qui me rends heureuse. Alors je propose des prestations autour de tout ce que j’aime faire :

  • prendre des photos
  • faire des illustrations
  • écrire
  • mettre en valeur les jolies entreprises ou des jolies projets

Et tu as pensé à demain ? 

Bien-sûr. Faire ce qu’on aime ne veut pas dire être déraisonnable ! J’ai réfléchi à mes prestations avant de me lancer, à mon organisation et à mon temps. Il faut être honnête avec soi, même sur ce qu’on est capable ou non de faire. Mais “penser à demain” ne doit pas être au détriment de “vivre aujourd’hui”. Si tu veux tout savoir, j’ai plein de rêves pour demain. Avec Ben nous sommes actuellement en train de travailler sur notre projet à deux, on va lancer notre site internet avec toutes nos prestations (je t’en reparlerai).

Et sinon dans mes rêves il y a :

  • Travailler de l’étranger en tant que digitale nomade, puisque toutes mes prestations je peux aussi les faire à distance
  • J’aimerai aussi écrire un livre. Je ne sais pas encore quoi ni comment. Un album jeunesse ça pourrait-être une jolie idée ?
  • Créer des jolies collaborations éthiques pour faire avancer le monde dans le bon sens
  • Ouvrir une boutique pour vendre mes illustrations
  • Pourquoi pas même organiser des ateliers parents-enfants en psychologie positive pour apprendre à comprendre et gérer ses émotions.

Bref, comme tu le vois, je ne manque pas d’idées ! ^^

Voilà, cet article touche à sa fin. Il me semble que je n’oublie rien et que je vous ai livré ici l’ensemble de mes réflexions et de mon expérience sur le sujet. N’hésitez surtout pas en commentaire à me faire part de vos réactions à la lecture. Que vous vous soyez reconnu ou pas du tout. Mais aussi vos propres pensées, vos parcours et témoignages 🙂 Car c’est toujours très enrichissant de voir ce que d’autres ont vécu et j’apprécie énormément ces partages d’expériences.

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Les ptits mots doux (15)

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    Merci pour ce partage ! Cela fait tout à fait écho en moi car je souhaite quitter mon travail pour faire quelque chose où je serai plus épanouie. J’ai vécu des mois très difficiles moralement et je ne me reconnaissais plus, ce boulot n’est plus pour moi, ni la fonction publique. Je suis partagée entre plusieurs envies et je trouve ça très inspirant de voir ton planning où tu t’ouvres sur différentes activités ! Je te souhaite beaucoup de réussites ! Et j’avais un scénario d’histoire jeunesse que je voulais proposer pour ce qui est devenu Les histoires de monsieur nature mais l’illustratrice m’a fait faux bond. C’était un projet qui m’avait beaucoup motivé et me faisait dire que je devrais poursuivre. Bises !

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    Merci Lucile pour ce témoignage qui est un vrai cadeau. C est sincère et structuré.
    Je crois que mon enfant intérieur me fait de grands signes et tente de me dire des choses…mais pas encore prête.
    Ton parcours, ton histoire font échos et ce sont des “petites choses” comme ton article qui me rapprochent de lui.
    Que ton choix de vie et ton activité puissent t épanouir !
    Au plaisir de te lire, te suivre, te taguer

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    Très bel article. Moi même je me suis reconvertie, cela fait un an que j ai obtenue mon diplôme. Je me reconnais dans ta description d enfant à l école maternelle. Sauf que moi l école m à coulée très vite et on m’a vite orienté vers les voies dites de garage par mes professeurs de collège ( BEP). C est déjà honteux d entendre ça de la part d enseignants. Bref j’y suis allé. Pour à la fin finir avec un BTS action commercial. Et j ai bossé 12 ans en grandes distribution en partant du plus bas et pour finir par atteindre mon objectif. Mais je n étais pas heureuse, même avec de l argent. Alors j ai changé. J ai passé un concours. Au programme toute la biologie de terminal S et du français. J ai tout appris en 6 mois avec ma fille qui n avait que 2 ans. Et j ai réussi. Je pensais pas que j en étais capable, on m avait convaincue que j étais pas capable d’apprendre. Aujourd hui je suis psychomotricienne et je ne regrette rien. Merci pour ton article.

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    Bonjour et merci pour ton témoignage très intéressant et honnête. Écouter son enfant intérieur n’était pas d’actualité il y a 35 ans au moment de choisir mon orientation. En effet je souhaitais enseigner l’anglais en classe de maternelle, mais ayant échoué à mon bac, ce projet n’a jamais vu le jour, ça ne se faisait pas non plus à l’époque. Depuis j’ai réussi mon bac avec une belle mention, et je realiserai ce rêve à la retraite via la lecture, puisque j’ai réussi à être bibliothécaire. Le plus beau compliment par rapport à mon cursus vient de mon fils, il y a 3 jours, lorsqu’il m’a dit que j’avais réussi ma vie professionnelle et qu’à mon époque, j’avais eu une idée moderne sur mon souhait de projet. L’éducation nationale devrait s’inspirer de méthodes valorisantes, comme Celestin Freinet, Decroly, ou Maria Montessori… L’estime de soi, devrait être une priorité. Merci et longue vie à tes projets.

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    Merci pour ton article Lucile ! Je trouve qu’il représente bien ce chemin de croix que l’on vit et que l’on nous force à suivre lorsque l’on est enfant /étudiant. Se reconvertir n’est pas toujours aisé et la pression de l’entourage, avec ses peurs, n’aide pas… Il faut de la détermination !

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    Super article que je me suis empressée de transmettre à mon grand fils qui se pose des questions sur sa poursuite professionnelle. Et je confirme : le système éducatif moule trop les enfants en écrasant le potentiel qu’ils ont naturellement en eux dès leur petite enfance. Donc ils font des choix raisonnables qui les rassurent et rassurent leur famille. Au plaisir de lire vos prochains articles 🙂

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    J ai tout lu, et je te dis MERCI. merci de prendre le temps de dire tout ça, et d’expliquer ton parcours.

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    Bonsoir Lucile,
    Merci pour ton article ! Il tombe pile poil au bon moment dans ma vie.
    J’ai hâte de découvrir ton article sur les logiciels que tu utilises pour ta compta,…
    J’ai longtemps suivi mon intuition, avancé à contre-courant du système et puis un jour j’ai cédé à la pression aux « quand dira t-on », j’ai craqué fait un burn out et tout laissé tomber.
    Aujourd’hui après quelques années mon enfant intérieur m’appelle et j’ai de plus en plus la conviction que je dois reprendre une activité indépendante.
    Alors merci pour tes mots si justes.
    Et belle route à toi !
    (Je te suis depuis un moment mais n’ai jamais osé ni pris le temps de te laisser un petit mot).

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    Hello Lucile,
    J’aime toujours autant ta plume, ta bienveillance et la sincérité de tes mots .
    Je me retrouve beaucoup dans ton parcours, comme tu dis, on n’est pas des pots de yaourt! Hahah
    Ton parcours est magnifique, et tes illustrations sont super belles. Je ne savais pas que c’était toi qui les faisais!
    J’adore dessiner aussi mais je vais peut être pour l’instant me concentrer sur le blog, mais proposer des illustrations un jour ça serait un rêve ausi
    Continue d’illuminer ton monde 🙂
    Belle journée!

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    Merci pour ce superbe article très positif ! J’aime ta façon de voir les choses. Je vois cela pareil, c’est triste de nous mettre dans des cases alors qu’il y a tant de choses qu’on aime et qu’on est capable de faire.
    Et je te souhaite de continuer à aimer ce que tu fais 🙂
    Ça fait plusieurs années que je veux être créatrice de bijoux (mais j’aimerai aussi travailler dans quelque chose qui regroupe la photo et la cuisine) mais je n’arrive pas à passer le cap car j’ai peur de l’insécurité financière et de pas réussir à gérer toute la paperasse. Alors en attendant je m’ennuie au boulot mais j’économise pour plus tard. Mais je sais qu’un jour je le ferai, enfin j’espère 🙂
    Belle soirée !

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    Bonjour,
    J’avoue je suis votre blog depuis sa découverte au hasard du net.
    Ce parcours de reconversion professionnelle, je l’ai vécu et je m’éclate en tant que pâtissière. Ma vocation de sauver la planète, je la concrétise en ayant une pâtisserie certifiée bio. Mon rêve d’aller voir l’ornithorynque et de découvrir l’Australie viendra. Je le sais, je fais confiance à mon chemin de vie.
    Mon conjoint vient enfin de se mettre à son compte pour créer des jeux de société après 20 ans d’éducation nationale.
    Nos salaires sont faibles, voir inexistants, mais nous aurons toujours de quoi élever nos trois enfants. Car au final, nous sommes dans l’abondance, la vraie, pas la pécuniaire.
    Que chacun se réalise et tout ira bien

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    Wow ! C’est tout un article ça ! 🙂

    On est nombreux et nombreuses à y penser.
    J’y ai souvent réfléchis (à chaque fin de contrat ou perte d’emploi, donc à peu près tous les 6-9 mois à vrai dire depuis près de 20 ans maintenant). Mais après 2 bilans de compétences, le « système » me dit que je suis où je dois être, mon rêve de petite fille étant trop inaccessible (de trèèèès longues études desquelles j’ai dû bifurquer à cause des choses de la vie). Alors on pense a des choses plus terre-à-terre. Mais ça prend un certain courage, de la « drive » (comme on dit dans mon nouveau pays) et des moyens (que je n’ai pas en ce moment) pour se permettre d’être « dans la vibe » (on a changé de pays l’été dernier et mon compagnon est déjà plus ou moins entrain de tenter une reconversion de son côté).

    Cependant, ton offre de donner des conseils/astuces sur ton organisation en tant que free-lance est très intéressante.

    Dans l’idée de me lancer, ce qui m’inquiète le plus, si j’y réfléchis, c’est que, même si je choisie quelque chose qui me motive vraiment à l’instant T, je risque de de nouveau vite m’ennuyer et de vouloir rechanger…

    Ça demande tellement d’énergie en tout cas… BRAVO et merci d’avoir partagé ce pan de ta vie avec nous.

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    Coucou Lucille,
    Tes mots touchent une corde très sensible en moi. J’ai suivi un parcours scolaire “classique”, fait des études supérieures, passé un concours et pris un travail dans une branche qui ne m’a jamais vraiment stimulée, sinon à la marge.
    Si je l’ai fait, c’est plutôt par conformisme, par pression sociale et familiale, parce que j’avais l’impression que c’était ce qui était attendu de moi. Mais la conviction de bien faire et l’épanouissement sont aux abonnés absents !
    C’est là où ton article prend tout son sens, déjà parce que cela permet de partager une expérience, mais aussi parce que cela me rappelle que j’ai le droit d’être épanouie au quotidien. Et que cela ne tient qu’à moi pour savoir de quelle manière m’y prendre.
    Merci pour ton partage !

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    Magnifique article … J’en suis très émue… Il va falloir que je le relise car tant de choses me touchent.

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    Coucou
    Tes mots me font échos.
    Je suis actuellement en pleins changement afin de vivre mes rêves. Je suis fortement intéressée par ton prochain article sur le sujet.
    J’ai également fait ce que l’on attendais de moi concernant mes études.
    Élève discrète et studieuse mais pas épanouie. J’allais toujours au bout. Cela m’as tout de même apporter des bagages et permis de savoir ce que je veux vraiment.
    Je me surprend à retomber sur des éléments de mon enfance qui collent parfaitement avec ce que je fais aujourd’hui. Retomber sur tes aquarelles, des dessins, chevalet, des carnets avec des recettes, etc…
    Et comme tu le dis si bien, plus on se rapproche de l’enfant que nous étions, plus on est dans le vrai.
    Je passais des heures à la bibliothèque, j’aimais concocter des Diy cheveux, visages…, dessiner, lire, être au plus près de la nature, aider les autres.
    On aura peut être l’occasion d’en parler plus longuement.
    Merci pour ton retour personnel.
    Bisous

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